Comment réduire son empreinte environnementale en tant qu’entreprise ?

Après un demi-siècle de bureautique et dans un monde ou la préoccupation écologique se fait toujours plus forte se pose la question de l’impression et de son impact sur l’environnement : l’imprimante, une machine à bannir ? Pas forcément.

La « paperless society » : Utopie ou réalité ?

                Le concept de « Paperless society » a été créé en 1978 par Frederick Wilfrid Lancaster, scientifique et universitaire anglo-américain (Illinois). Dans une société ou l’imprimante personnelle n’existait pas encore, le concept de bureau sans papier était né. Ce visionnaire, en constatant une impression grandissante des données provenant des rares ordinateurs centraux de l’époque avait prédit un véritable fléau : la surconsommation de papier.

                Selon lui le problème ne viendrait pas des imprimantes elles-mêmes mais du papier d’impression. On sait qu’en moyenne, un européen imprime 29 pages par jour dans le cadre de son emploi. Cette estimation, raisonnable si on tient compte du nombre de page moyen d’un contrat actuel semble contredire Lancaster. Cependant, la moitié de ces pages seront des déchets directs ou auront une utilisation à court terme. De plus, beaucoup d’entreprises souhaitent conserver plusieurs exemplaires papier de leurs documents. La paperless society reste encore aujourd’hui du domaine de l’utopie. On peut cependant identifier les 2 principales responsables du gaspillage de papier : le refus de la virtualisation et les mauvaises pratiques.

Le tout virtuel : une solution pas si écologique.

                Le pendant logique d’une impression à outrance semble être la virtualisation totale des données. En effet, cette pratique rendue possible par les progrès informatiques de ces dernières années apparait comme LA solution anti-gaspillage. Plus de papier, gain de temps et de place… les partisans de cette pratique ont de nombreux arguments pour promouvoir cette tendance au tout virtuel dans le milieu professionnel. On sait d’ailleurs que 20% des entreprises mondiales sont totalement virtualisées et que leur nombre augmente.

                Cette solution n’est pourtant pas dénuée d’inconvénients. L’argument de l’absence totale de papier masque en effet le coût énergétique et matériel de la virtualisation totale. Les données empruntent un parcours d’infrastructures concrètes avant d’être stockées. De plus, les serveurs consomment de l’énergie électrique pour fonctionner et doivent être allumés et refroidis en permanence.

Il en va de même pour l’envoi d’un mail : il est d’abord envoyé au data center du fournisseur d’accès de l’envoyeur ou il est stocké et traité par le biais de serveurs informatiques, puis au data center du fournisseur d’accès du correspondant, ou il est de nouveau stocké et traité. Il est enfin envoyé au correspondant. En moyenne un mail passe par 15 000 kilomètres de câbles pour atteindre sa cible. Quand on sait que 10 milliards de mails sont envoyés par heure dans le monde on prend conscience de l’empreinte écologique que cela représente.

Les mauvaises pratiques : l’innovation au service des entreprises.

                93% de l’impact environnemental d’une imprimante laser est due à son papier. Ce chiffre met en évidence la nécessité d’imprimer avec précaution. Or au sein d’une entreprise il arrive fréquemment que certains salariés aient une consommation excessive. Heureusement des innovations permettent d’endiguer ce phénomène polluant et couteux pour les entreprises.

                La mise en place de badges à scanner avant d’imprimer est de plus en plus fréquente au sein des grosses structures. Ils permettent de voir la consommation mensuelle de chaque salarié en termes d’impression et de repérer les mauvais élèves. De plus, il est désormais possible de limiter la quantité de pages disponible pour chaque salarié. Radicale, cette méthode rationalise le volume imprimé.

                De même les achats de gros multi copieurs cumulant les fonctions d’imprimante, de photocopieur et de scanner se multiplient au détriment de petites imprimantes personnelles. Cela permet de limiter un phénomène typiquement français : l’impression de documents personnels au travail. 68% des salariés français avouent en effet le faire régulièrement.

                D’autres alternatives sont en cours de test : on peut notamment penser au papier réutilisable de Toshiba ou au papier-tablette de Sony. Cependant, la prise de conscience collective est essentielle pour limiter l’empreinte environnementale d’une entreprise. Au-delà de la responsabilisation de ses salariés, cette dernière doit leur proposer une solution de gestion des données pensées en fonction de ses besoins.

                Pour cela, elle doit les évaluer en se posant les bonnes questions : Les contrats papiers sont-ils nécessaires ? La mise en place d’archives virtuelles est-elle pertinente ? Quel est mon besoin en termes d’impression mensuelle ? Elle doit ensuite se tourner vers un professionnel qui va l’aider à mettre en place un protocole de gestion des données pertinent. Sa nature dépendra du type d’organisation de l’entreprise, cependant dans la majorité des cas il s’agira d’un mélange de supports physiques et virtuels.

                Quel que soit sa nature, le support réduira l’empreinte environnementale de l’entreprise s’il est calibré à ses besoins. Dans le cas d’une imprimante comme d’un serveur un détail peut faire la différence : le maitre mot, la PERSONNALISATION.